Troubles envahissants du développement (TED), forme mineure (NAS), dissimulée à la marge du TDA/H

Le TED, dans son appellation NAS (non autrement spécifié) est une pathologie sérieuse, souvent méprise ou peu reconnue, se situant à la marge du syndrome TDAH, dans son spectre le plus grave. Il se perd parfois dans les dédales de la dysphasie réceptive (incapacité d'élaborer facilement un langage mental) dont il devrait nettement se distinguer. Il se confond avec les troubles de comportement antisociaux, à moins qu'il ne soit bien départagé. Dans la mesure où cet enfant paraît si débonnaire, même si chaleureux  (en situation  individuelle), il permet d'invoquer nombre d'hypothèses qui seront finalement de peu d'utilité. Les causalités génétiques ont souvent crées de véritables barrières artificielles à l'élaboration de la pensée clinique du diagnostic.

Les symptômes les plus courants se manifestent à travers une agressivité et  impulsivité explosive, en présence de contraintes, mais aussi souvent sans même une frustration significative, par un manque d'intérêts dans les pairs ou les jeux collectifs, parfois des maniérismes ou des manies compulsives ou encore par un manque sévère d'inhibitions pulsionnelles. Le retrait social ou  mieux le peu de besoin d'autrui, hors le plaisir d'une satisfaction immédiate, paraît assez constant, soit en jeux libres soit dans l'exigence d'une socialisation qui s'affirme ou se complique (école). Souvent, l'enfant a un monde imaginaire fantasmagorique, davantage inspiré de la fabulation, avec des croyances remplies d'un monde magique.

En psychologie développementale, les tests de type ADOS (Autism Diagnostic Observation Schedule) ont permis de mieux circonscrire cette pathologie, dans une observation directe du professionnel averti avec son client, pendant quelques heures.

En réalité, il n'y a pas lieu de parler d'autisme qui fait appel à des déficits d'un autre ordre, ni même d'un soi-disant trouble envahissant, appellation bien incorrecte (traduction imparfaite de "Invasive Disorder"), car il n'y a rien qui s'aggrave en soi, mais au contraire tout se développe en mieux, si encore l'on se donne la peine de comprendre qu'au lieu de contenir (comme dans le TDAH, souvent également présent), il faut apprivoiser, se faire mieux comprendre. Quand l'enfant ne comprend pas la consigne verbale, comment peut-il y convenir? Et c'est souvent ce qui se produit avec punitions en prime. Dans le TED NAS, il y a grande part d'une réaction défensive et protectrice, par le retrait affectif, en raison d'une anxiété trop lourde à vivre, par des attentes par trop irréalistes.

Histoire clinique de Léonie

Présentation d'un protocole ADOS, sur une fillette de 8 ans, avec TDAH sévère  


Claude Jolicoeur, m.d.
Novembre 2008