L'alimentation et la médication neurostimulante

La libération, en mode prolongée, des nouvelles médications neurostimulantes, sur 10-12 heures, pourra modifier les habitudes des repas journaliers et demander, aux familles, des modifications substantielles qui ne sont pas toujours dans leur façon de faire.

Il y a cette tendance assez constante, de ces produits, de diminuer l'appétit diurne et de ne favoriser finalement que le repas du matin et du soir, mais à distance de 10-12 heures. Ainsi le médicament s'administre tôt, au lever, d'une part pour éviter de prolonger les effets trop tardivement (l'insomnie d'endormissement) et d'autre part permettre un certain effet positif sur les routines du matin. Le repas matinal, le petit déjeuner, devra comprendre une bonne source d'aliments riches en protéines, lipides et glucides (excluant les sucres raffinés), puisqu'ils doivent fournir l'énergie constante pour la journée entière, permettre ainsi au cerveau d'avoir sa source de glucose, à partir des chaînes glucidiques, indispensable à son fonctionnement, comme l'essence à une voiture. Le défi consiste souvent à bien exclure le grand nombre d'aliments qui camouflent les sucres raffinés, sous des aspects plus anodins des nouveaux produits biologiques et santé.

Le soir, l'appétit n'est pas souvent de retour avant 18 ou 19 h. et il ne sert à rien de se confronter sur un blocage biochimique de l'appétit. Car alors l'enfant mange moins, il mange mal, sans motivation, sans mastication, comme un automate Les sucs gastriques ne sont pas suffisamment activés, pour faciliter la digestion. Plus tard, ou l'enfant oublie de se nourrir ou il passe son temps à grignoter des aliments futiles.

L'enfant TDAH est parfois un peu capricieux et sélectif dans ses choix d'aliment, ne se donnant pas ou peu la peine de goûter assez longtemps pour développer et éduquer son goût. Il y a aussi, plus souvent que d'ordinaire, de véritables fixations anti-alimentaires qu'il est vain de minimiser. De là l'importance de créer un monde ludique autour de la préparation des aliments, semblable à le rituel gastronomique où l'apparence compte autant  que le contenu.

Il demeure que la procrastination étant souvent présente, il peut devenir difficile d'avoir le temps nécessaire aux tâches de routine.

Claude Jolicoeur, m,d.
2007 ®