Évaluation psychométrique
Juin 2004
- A
review of the validity of laboratory cognitive tasks used to assess symptoms of
ADHD.
Child Psychiatry Hum Dev. 2004 Summer;34(4):297-315.
Nichols SL, Waschbusch DA.
Dalhousie University, Psychology Department, Halifax, Nova Scotia, Canada.
Reviewed the validity of frequently used laboratory assessment measures of ADHD
symptoms using research published since 1991. Emphasized examining the validity
of the tasks as they are commonly used by clinicians and researchers. Tasks
evaluated included the Continuous Performance Test (CPT) and the Gordon
Diagnostic System (GDS), the Children's Checking Task (CCT), Delay of
Gratification Tasks, the Choice-Delay Task, (C-DT), and the Stop Signal Task
(SST).
Results showed that the CPT, C-DT, and the SST had the most support, yet further
efforts to evaluate the validity of these measures are needed before they can be
used for more than experimental purposes.
PMID: 15039603 [PubMed - indexed for
MEDLINE]
Texte disponible sur réseau Internet de la librairie
McGill
commentaires:
Pierre Laporte, Pd.D. Périgueux. Fr
28 juin 2004
L'article de Nichols et Waschbusch appelle effectivement quelques
commentaires..... :
Les avantages liés à l'utilisation de
tests standardisés aux qualités psychométriques établies sont bien connues. Ils
sont repris dans cet article et je ne relèverai simplement ici que c'est la
seule qualité dite "validité" qui est examinée, certes sous trois de ses
principales formes : validité convergente, validité discriminante et validité
prédictive critériée (réponse au traitement). Manque la validité de construct....
Mais, malgré cela, il faudrait, en toute rigueur psychométrique, s'intéresser
également à la fidélité (tout de même..!) et à la sensibilité qui est autre
chose que la validité discriminante.
Bon, si on laisse cet aspect de côté, il est d'autres remarques : l'intérêt des
échelles d'observation, des questionnaires de recueil de comportements, vient,
ici, de ce qu'ils permettent de ne pas rechercher seulement le TDA/H en
s'intéressant également à la recherche de troubles en comorbidité : la question
du diagnostic différentiel incluant celle du dépistage des éventuels troubles
psychopathologiques en comorbidité est, en effet, très importante. Là, ces
questionnaires peuvent attirer l'attention clinique. Ils permettent également
d'avoir une idée de ce qui se passe dans les deux principaux milieux de vie de
l'enfant, ce qui, inclus dans le cadre des entretiens préliminaires comprenant
classiquement l'analyse de la problématique clinique, permet l'élaboration
d'hypothèses diagnostiques, toujours différentielles.
Ceci dit, il est clair qu'ils ne peuvent, en aucun cas, suffirent. D'une part, la passation de tests neuropsychologiques pertinents vis-à-vis de la problématique TDA/H est requise et, là, cet article nous offre une bonne analyse des tests les plus adéquats, ce qui est très important. D'autre part, l'entretien clinique, ainsi étayé, est déterminant pour la question de l'analyse de la problématique et celle des comorbidités psychopathologiques et/ou neuropsychologiques, ce que les seuls tests en question ici, ne permettent pas de faire. Autrement dit, les résultats des tests présentés dans cet article, ne peuvent pas non plus, de façon cliniquement valide, suffirent à la conclusion d'un diagnostic différentiel de TDA/H, même s'ils mettent en évidence un déficit du contrôle de l'inhibition des comportements.
Et je ne parle pas ici de la question étiopathogénique cruciale que pose la diversité de la comorbidité.....! Certes, le développement de mesures objectives en psychopathologie pouvant donner lieu à leur utilisation pertinente à la fois en recherche et en clinique, est un objectif louable. Mais, il ne subsume pas la totalité de la question clinique, car le TDA/H est un trouble neurodéveloppemental qu'il est regrettable, au même titre que les troubles "dys" (dyslexie, etc...), de voir apparaître dans une classification des troubles mentaux.......DSM V ou tout ce qu'on voudra d'analogue, même si la prévalence de la présence d'un trouble associé est forte ! Encore une fois, il reste à comprendre cette dernière.
Sincères amitiés
Pierre
pierre.laporte@wanadoo.fr