La dexedrine
dans le déficit de l’attention
Ce médicament amphétaminique a une longue histoire d'utilisation. D'abord c'est à travers un produit similaire, la bezédrine, que les premières expériences ont eu lieu, dans les années 30, un peu par hasard pour traiter les enfants souffrant de séquelles d'encéphalite. Pendant la dernière guerre mondiale, les pilotes de chasse en faisaient un usage courant, dont St-Exupéry dans ses missions nocturnes. Il augmente la vigilance même en état de grande fatigue. Il se vend au marché noir, chez ceux qui veulent améliorer leur acuité mentale pendant de plus longues heures, sans souci de dose, de santé et le net danger d'aboutir à la psychose.
Dans le domaine du TDA/H, il se prescrit dans environ 10% des situations difficiles, quand le méthylphénidate ne paraît plus d'aucune efficacité ou encore entraîne des effets secondaires comme la migraine que l'on retrouve dans certaines familles comme d'un facteur génétique. Ses effets secondaires sont un peu plus marqués au niveau de la perte d'appétit, du retard au sommeil et du degré d'accoutumance. Il faut donc le cesser plus progressivement. Il y a un dosage retard très pratique qui permet une durée de 9-10 heures. Il se prescrit à la demi-dose du ritalin, par exemple. Ses meilleures indications se manifesteront dans l'impulsivité sévère, l'opposition récalcitrante quand les autres essais traditionnels auront échoué. Il s'adresse possiblement à un autre sous type de TDA/H.
Dans les régions du monde où déjà le ritalin reste presque tabou, il en sera davantage d'une substance qui a encore plus mauvaise presse, à cause de ses utilisations ésotériques, aventureuses, et mal connues pour ses avantages spécifiques et médicaux.
Claude Jolicoeur, pédopsychiatre,
Montréal, octobre 2000