Parmi les grands oublies du TDA/H, il y a …. la douance
Après les adultes, les fillettes, il y a les enfants anxieux, et puis les surdoués qui feront souvent partie de ces oubliés du TDA. Cette douance qui soit dissimule soit modifie le TDA, devenu méconnaissable. Enfant qui se retrouve presque toujours en psychothérapie émotionnelle, parce qu’il a la parole facile, l’imagination fertile, une sensibilité d’artiste, comme également l’enfant anxieux qui ne cherche qu’à plaire et se conformer.
Dans le déficit d’attention pure, il vit dans son monde imaginaire sans trop s’ennuyer, ni avoir besoin des autres, bien que l’ennui soit aussi son lot. Dans l’hyperactivité, il défie, gagne sans combattre, se vante de ses exploits et n’hésite pas à pousser la provocation. Mais qu’il gagne ou perde, il sera presque toujours malheureux. Non pas tant qu’il est si conscient de son potentiel ou degré d’échec, en dehors de temps présent! Mais surtout incapable de situer une limite raisonnable dans ses attentes. Et savoir s’arrêter et prendre son temps.
Faut-il donner plus de travail, pour nourrir cette intelligence vagabonde? Ou ne plus offrir d’instants de répit qui dérangent les autres ou favorisent la fuite dans la rêverie. Et encore sauter d’un niveau ou fréquenter une classe de douance. Que reste-t-il pour l’avenir? La clownerie, la rêverie, la dissipation, l'apprentisage intensif? On a bien vu cet enfant de 6 ans apprendre d’une seule fois, à la première exposition, la première lecture. Apprendre l’alphabet et son écriture, aux premiers jours de classe, par soi-même, sans aide, quand le prof peine encore sur les " A, B, C " des autres enfants. Il discourait sur la vie de Léonard de Vinci, savait la population de chaque état américain. Il vous mettait au défi de lui poser de nouvelles questions. Son histoire devint presque dramatique pourtant. Comme il perturbait constamment la classe, que les parents refusaient la médication, la direction scolaire l'envoya dans un école de classes spéciales dites TC (troubles de comportement), où il n'apprenait, trop désoeuvré, que les mauvais coups. Quelques mois plus tard, les parents optèrent finalement pour une médication qui eut un effet positif spontané, mais alors la direction ne voulait plus le retourner en classe et milieu régulier, par crainte de complications possibles. Il fallut un engagement solemnel et formel que tout irait bien, après de multiples négociations, plutôt absurdes dans les circonstances, avec le conseiller pédagogique incrédule et hostile au diagnostic TDAH. Non seulement l'enfant réussit mais sauta rapidement un niveau. Il pouvait accomplir une année académique en quelques mois, mais manquait de maturité pour se retrouver avec des plus vieux que lui. Il fallait aussi inventer autre chose.
Dans la douance, l’on voit plus clairement qu’ailleurs la dissociation entre intelligence et concentration. Dire qu’Einstein ou Mozart pouvaient souffrir d’un TDA semble bien prétentieux, alors que chacun d’entre nous les envie. Pourtant, ces deux-là n’ont jamais fait que ce qu’ils aimaient, et bien à leur manière, à leur rythme, et leur cadence propre.
Les difficultés de l’attention affectent spécialement la notion de temps et d’espace. Ils rendent inconstante la préparation ou l’anticipation. La socialisation devient très difficile. Tout événement se précipite sur la personne, sans l’avoir prévu, ni désiré. Pour les uns, l’angoisse se manifeste à tout instant, par crainte de la catastrophe soudaine, et infinie. Pour les autres, c’est la démission devant l’effort progressif et nécessaire. Comment apprendre sans la complicité du temps? Peut-être une question fondamentale à se poser avant de proposer des solutions trop audacieuses. Un jour ou l’autre, sera-t-il toujours possible d’apprendre sans efforts? A quoi sert de pousser l’apprentissage si la maturité générale du caractère ne suit pas? Devra-t-il fréquenter les plus vieux que lui, alors qu’encore si influençable et impulsif? Et si peu autonome? En dehors du projet académique, il y en a bien d'autres. Le quotient intellectuel, le Q.I, ne représente pas une mesure fiable à l'établissement du niveau de l'intelligence dans le TDA/H, car aucun test n'a jamais été standardisé, qui tienne compte de cette condition. Les tests connus ne valent que pour la population générale. Mais un praticien d'expérience peut s'en inspirer.
Le caractère anxieux complique davantage le diagnostic et seule une bonne connaissance du TDA pourra nous aider. C’est l’enfant sage qui aime la présence et la conversation des adultes, mais voit surtout le malheur à venir comme une catastrophe imminente. Il craint la mort de ses proches, s’il est témoin d’une mauvaise nouvelle. Il s’imagine le pire à la moindre maladie. Il ne vit pas assez le temps présent. Il projette le futur ou le passé dans ce présent fluide, comme une affaire accomplie. Sans doute l’enfant qui entraîne le plus de sympathie autour de lui, et qui aussi rendra